Cézy est une commune française située dans le départementde l’Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie

Cézy se tient sur la rive gauche de l’Yonne à 5 km en aval du centre de Joigny. La commune s’allonge le long de la rivière, suivant la courbe d’un méandre ; elle inclut une partie de la rive droite de la rivière, les Hectares, s’étendant en un point jusqu’au chenal appelé « dérivation de Joigny[1] ». Un pont suspendu enjambe l’Yonne, reliant Cézy à l’île de l’Entonnoir en direction de Saint-Aubin-sur-Yonne en rive droite.

Pont suspendu de Cézy
Pont suspendu de Cézy

Le Tholon[2] parcourt environ 1,7 km dans le sud de la commune avant de se déverser dans l’Yonne en face de l’île Turenne[3]. Le Vrin des Marchands[4] (un bras du Vrin de environ 2,3 km de long) se déverse dans l’Yonne en amont du château de Bellerive, et le Vrin[5] en aval du même château.

La D606 suit en partie le tracé de l’ancienne voie romaine joignant Auxerre à Sens (passant par Joigny).

Communes limitrophes

Hameaux, lieux-dits et écarts

Les hameaux suivis d’une astérisque sont situés à l’écart de la route indiquée. Les lieux-dits sont en italiques.

B

  • Chteau de Bellerive*, rue du Moulin d’En Bas
  • La Bouvière, ferme*, D3

C

  • Champ Rouge*, D3
  • La Chaume aux Chiens, Rue de Thèmes
  • Coq, D182
  • La Contemine, le long duTholon
  • Côte de Roujard, D434
  • La Croix Piochard*, D3
  • Croix Saint-Vincent, Rue de Thèmes
  • Les Croûtes*, D3

F

  • La Folie*, Rue de Thèmes
  • Le Fourneau à Chignet, N-O de Thèmes

G

  • Les Grands Prés, en bord de l’Yonne
  • Le Gravier, en bord de l’Yonne
  • La Grellière, D434

H

  • Les Hectares, île sur l’Yonne

I

  • Île de l’Entonnoir, île sur l’Yonne
  • L’Île Turenne, île sur l’Yonne

M

  • Les Marais, D182
  • Le Mardeneau*, D606
  • Les Marnis, D434

P

  • Le Péage*, D134

S

  • La Sabrette, D182

T

  • La Tête de Vache*, ouest de Thèmes
  • Thèmes*, D3
  • Le Transval*, Rte de Ruban

V

  • La Vau Dillon, D3
  • Les Vieilles Granges*, D3

Économie

Histoire

En 1333, un document établit l’inventaire de la léproserie de Saint-Denis-de-Léchères située autrefois sur le territoire de la paroisse de Cézy (aujourd’hui Joigny)[6] et qui remonterait au début du XIIIe siècle. La léproserie disposait d’une chapelle, d’un chapelain et d’un cimetière. Pour s’assurer des revenus, elle disposait également d’une exploitation rurale (granges, étables, porcheries, etc.), de vignes et d’un port d’embarquement sur l’Yonne. Outre les tonneaux de vin, le port Folet permettait d’acheminer des bois et des charbons provenant de la vallée du Vrain et de ses alentours. Chaque année une foire se tenait aux environs de la léproserie. En 1334, l’archevêque de Sens, Guy de la Brosse, fit don de la léproserie au Chapitre de Paris qui possédait des vignes dans son environnement. Cette possession dura jusqu’à la fin duXVe siècle[7].

En 1363, pendant la captivité, à l’issue de la bataille d’Auray, du comte de Joigny Miles de Noyers, une bande de routiers a envahi le château de Cézy et celui de Saint-Aubin-Château-neuf et il a fallu payer une rançon de mille livres d’or afin de les faire sortir[8].

En 1434, à la fin de la guerre de Cent Ans, Philippe III de Bourgogne fit le siège de Cézy[9] qui était alors une ville fortifiée. De ces défenses il ne reste de nos jours qu’une porte et l’église.

Le 4 frimaire an II (24 novembre 1792), le conseil général de la commune, le comité de surveillance, le juge de paix et ses assesseurs, la Garde nationale et la société populaire ont fait brûler place de la Croix Saint-Abdon tous les papiers et titres féodaux, puis ont planté un marronnier qui symbolisait l’arbre de la liberté.

En 1802, un recensement, effectué par le contrôleur Lallier, a dénombré 1175 habitants et 260 maisons dont 68 (26.15%) qui avaient un toit de chaume[10].

Jusqu’en 1846, il existait un bac pour franchir l’Yonne. À son emplacement, un pont suspendu de 90 mètres a été inauguré le 4 février 1846.

On a retrouvé lors de fouilles, un fer de bêche à trois dents de 31.5 sur 18,7 cm qui a permis de confirmer que cet outil existait à la fin du IXe siècle, début du Xe siècle[11].

Honoré de Balzac a utilisé le château de Cézy comme référence a ses personnages dans La Comédie humaine. Il a notamment utilisé le pseudonyme du général comte de Montcornet pour le général comte Edme Étienne Borne Desfourneaux qui a été réellement propriétaire de la terre et du château et élu membre de la Chambre des représentants (France)[12].

Politique et administration

Tendances politiques et résultats

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1857  ? Levert
vers 1950 Georges Sauvage SFIO
2008 en cours Yves Roy[13]

Démographie

En 2013, la commune comptait 1 123 habitants. L’évolution du nombre d’habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 103 1 196 1 155 1 175 1 372 1 386 1 395 1 456 1 468
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 300 1 305 1 302 1 203 1 117 1 043 1 009 996 923
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
872 874 841 727 754 784 804 804 797
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013
793 807 933 962 1 085 1 038 1 106 1 123
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu’en 1999[14] puis Insee à partir de 2004[15].)

Histogramme de l’évolution démographique

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

Lavoir sur une branche du Vrin des Marchands, rue des Buttes
Lavoir sur une branche du Vrin des Marchands, rue des Buttes
  • La Porte d’enceinte en ogive du XIIIe siècle, qui est la seule qui subsiste des anciennes fortifications de la ville, classée monument historique en 1992.
  • Église Saint-Loup du XIIIe siècle, restaurée au XVIIe siècle, à la deuxième moitié du XIXe siècle et de 1995 à 2009, monument historique, 1992. Elle porte le nom de l’évêque Loup de Sens à qui elle est dédiée.
  • Sculpture Vierge de Pitié : groupe peint en pierre sculptée duXVe siècle, classé monument historique au titre d’objet en 1992.
  • La cloche en bronze, de 1620, classée monument historique au titre d’objet en 1992. Elle porte l’inscription

    « + NOMMEE MARIE LOVYSE PAR ILLVSTRE S DV SANG ROYAL DE COVRTENAY S DE CHEVILLON + & M MARIE DE BETHVNE ESPOVSE DE MRE PHILIPPE DE HARLAY CONTE DE CESY PRESENTE M ANNE DV PVIS SA MERE DOVAIRIERE DVDIT LIEV + V ET DE P M C DVBOYS PRIEVR BAPTISANT M I DELACOVR PBRE ME I COVRTILIER AVOCAT & JVGE DE CESY + I BARDOT & L DELACOVR G M MARGVILR ME P COVRTILIER. »

  • Le pont suspendu sur l’Yonne a été inauguré en 1846, avec une portée de 90 m[16].
  • Château de Bellerive
    Château de Bellerive
  • Château de Jacques Cœur
    Château de Jacques Cœur
  • Le pont suspendu
    Le pont suspendu
  • La mairie et son beffroi
    La mairie et son beffroi
  • Église Saint-Loup
    Église Saint-Loup
  • Statue de l'église
    Statue de l’église
  •  

    Personnalités liées à la commune

    • Jacques Cœur (1400-1456), argentier du roi Charles VII, fit construire le château de Cezy qui a été reconstruit par de Beauffremont, à la fin du XVe siècle[17].
    • Perette de La Rivière dite aussi madame de la Rocheguyon, fille de Bureau de La Rivière, premier chambellan des rois Charles V (qui est mort dans ses bras) et Charles VI. Elle fut dame d’honneur de la reine Marie d’Anjou. À la mort de son époux, Guy VI de la Roche seigneur de la Roche-Guyon, familier du dauphin, tué à Azincourt le 25 octobre 1415, elle prend parti pour les Armagnacs. Sa tombe qui se trouvait dans l’église a disparu à la Révolution.
    • Jacques de Harlay (?-1630), troisième fils de Louis de Harlay seigneur de Cezy et de Louise Stuart de Carre, il fut aussi l’amant de la Reine Margot, sa tombe qui se trouvait dans l’église sous la statue de Saint-Paul dans le chœur a disparu à la Révolution.
    • Félix Arvers (1806 – 1850), poète et dramaturge. Il était le fils de Pierre Arvers, marchand de vins de Paris installé à Cézy et de Jeanne Verrien dont le père menuisier était maire de Cézy. Son grand-oncle Julien Martin Verrien (1756 – 1853) était une personnalité de Saint-Julien-du-Sault. Félix Arvers est enterré au cimetière de Cézy.
    • Henri Ricard (1849-1910), homme politique.
    • Edme Étienne Borne Desfourneaux (1767-1849) devint propriétaire du château de Cézy en 1804.
    • Guillaume Mauviel (1757-1814), évêque constitutionnel, y mourut au château.

    Environnement

    La commune est concernée par deux ZNIEFF.

    • Une petite partie de la commune est incluse dans la ZNIEFF de type 2 de la vallée de l’Yonne entre Champlay et Cézy[18] qui totalise 1 086 ha répartis sur les communes de Cézy, Champlay, Joigny et Saint-Aubin-sur-Yonne. Sur Cézy, le territoire concerné se trouve sur une bande de 200 m autour du cours du Tholon lors du passage de ce dernier vers la limite sud de la commune, et inclut aussi l’île Turenne et une partie des Grands Prés. L’habitat déterminant de cette ZNIEFF est les eaux vives ; on y trouve aussi eaux douces stagnantes, tourbières et marais, landes, fruticées, pelouses, prairies, bois.
    • La ZNIEFF de la roselière des Prés Neufs et de la Chaume aux Chiens[19] concerne 24 ha, uniquement sur Cézy, en bordure de l’Yonne. Le milieu déterminant est fait d’eaux vives, incluant aussi des bois et la zone marécageuse riveraine au niveau des Prés Neufs.

    Elle est également incluse dans les 63 405 hectares du site d’intérêt communautaire (SIC) des gîtes et habitats à chauves-souris en Bourgogne, protégeant l’hibernation et la reproduction de nombreuses espèces de chauves-souris[20],[21].

    Ode à l’Yonne

    L'Yonne
    L’Yonne

    Oh ! qui me donnera d’aller dans vos prairies,
    Promener chaque jour mes tristes rêveries,
    Rivages fortunés où parmi les roseaux
    L’Yonne tortueuse égare au loin ses eaux !
    Oui, je veux vous revoir, poétiques ombrages,
    Bords heureux, à jamais ignorés des orages,
    Peupliers si connus, et vous, restes touchants,
    Qui m’avez inspiré jadis mes premiers chants

    (Félix Arvers, L’Anniversaire, 6 septembre 1828)

    BlasonD’azur au chevron abaissé cousu de gueules surmonté d’une couronne de comte au naturel et soutenu d’une tour d’argent ouverte du champ.